1.3Enregistrer achats, ventes & factures
Place aux écritures courantes, celles qui reviennent tous les jours : les achats et les ventes. Une facture de vente se comptabilise en constatant : une créance sur le client (on lui débite le compte « clients »), le produit correspondant (on crédite le compte « ventes ») et la TVA collectée (créditée, car on la doit à l'État). Une facture d'achat fait l'inverse : on constate la charge (débit du compte « achats »), la TVA déductible (débitée, car récupérable) et la dette envers le fournisseur (crédit du compte « fournisseurs »).
Le point qui déroute souvent : la TVA. Sur une facture, le montant total (TTC) se décompose en montant HT (hors taxe) et TVA. Pour l'entreprise, la TVA n'est ni une charge ni un produit : elle la collecte sur ses ventes pour le compte de l'État, et déduit celle payée sur ses achats — elle n'est qu'un « intermédiaire » (voir 1.4). D'où des comptes de TVA distincts. Maîtriser ces écritures type — vente (client / vente / TVA collectée) et achat (achat / TVA déductible / fournisseur) — couvre l'essentiel de la comptabilité quotidienne. Elles paraissent complexes au début, mais reposent toujours sur la même logique de partie double appliquée à trois comptes. Avec quelques répétitions, elles deviennent des réflexes.
Vocabulaire de la section
- Facture de vente
- Document constatant une vente ; enregistré en créance client, produit (vente) et TVA collectée.
- Facture d'achat
- Document constatant un achat ; enregistré en charge (achat), TVA déductible et dette fournisseur.
- TVA collectée
- TVA facturée aux clients sur les ventes, due à l'État (au crédit).
- TVA déductible
- TVA payée aux fournisseurs sur les achats, récupérable auprès de l'État (au débit).
- HT / TTC
- Montant Hors Taxe (HT) + TVA = montant Toutes Taxes Comprises (TTC).
Pour l'entreprise, la TVA est-elle une charge ou un produit ?
En pratique — Passer les écritures d'achats et de ventes
- Pour une vente : débitez le client (créance), créditez la vente (produit) et la TVA collectée (due à l'État).
- Pour un achat : débitez l'achat (charge) et la TVA déductible (récupérable), créditez le fournisseur (dette).
- Décomposez chaque facture : montant HT + TVA = TTC ; la TVA passe par des comptes dédiés.
- Vérifiez l'équilibre débit = crédit et répétez sur plusieurs factures pour ancrer les réflexes.
Points clés à retenir
- Vente : débit client (créance), crédit vente (produit) + crédit TVA collectée (due à l'État).
- Achat : débit achat (charge) + débit TVA déductible (récupérable), crédit fournisseur (dette).
- La TVA n'est ni charge ni produit : l'entreprise la collecte et la déduit (intermédiaire de l'État).
- Chaque facture se décompose en HT + TVA = TTC ; les écritures reposent sur la partie double à trois comptes.
Questions fréquentes
Pourquoi la TVA apparaît-elle dans un compte séparé et non dans les achats/ventes ?
Parce que, pour l'entreprise, la TVA n'est ni une charge ni un produit : elle n'est qu'un collecteur pour le compte de l'État. Quand vous vendez 120 € TTC (100 € HT + 20 € de TVA), le produit réel de votre vente est de 100 € (le HT) ; les 20 € de TVA collectée ne vous appartiennent pas, vous devrez les reverser à l'État. De même, sur un achat, la TVA que vous payez est récupérable (déductible) : ce n'est pas un coût pour vous. C'est pourquoi on isole la TVA dans des comptes dédiés (TVA collectée, TVA déductible), distincts des comptes de ventes (produits) et d'achats (charges) qui, eux, n'enregistrent que le HT. Cette séparation permet de calculer ce que l'entreprise doit reverser (TVA collectée − TVA déductible = TVA à payer, section 1.4). Comprendre que la TVA « transite » sans être ni gain ni perte pour l'entreprise est essentiel pour bien passer les écritures.
Comptabilise-t-on la facture ou le paiement ?
Les deux, mais ce sont des moments distincts — et c'est une notion clé. En comptabilité d'engagement (la règle pour la plupart des entreprises), on enregistre d'abord la facture dès qu'elle est émise ou reçue, ce qui constate la vente/l'achat et la créance (client) ou la dette (fournisseur), indépendamment du paiement. Puis, lorsque le paiement intervient (souvent plus tard), on passe une seconde écriture qui solde la créance/dette contre la banque : la créance client s'éteint quand le client paie, la dette fournisseur s'éteint quand on paie le fournisseur (voir section 1.5). Autrement dit : la facture crée le droit/l'obligation, le paiement le règle. C'est cette dissociation qui permet de suivre les clients qui n'ont pas encore payé (créances) et les fournisseurs à régler (dettes) — une information de gestion cruciale. Les très petites structures peuvent parfois tenir une comptabilité « de trésorerie » (n'enregistrant qu'aux paiements), mais le principe d'engagement est la norme.