5.4 · RGPD, AI Act & cadre légal

Niveau 5 · Sécurité, éthique & gouvernance

5.4RGPD, AI Act & cadre légal

Objectif : connaître les grands repères réglementaires (RGPD, AI Act européen) qui encadrent l'usage de l'IA.
Temps estimé : 18 min

Deux textes structurent l'usage professionnel de l'IA en Europe. Le RGPD (2018) : dès qu'une donnée personnelle entre en jeu, ses principes s'appliquent — base légale, minimisation, droits des personnes, et l'article 22 qui encadre les décisions entièrement automatisées. L'AI Act (règlement européen sur l'IA, application progressive 2025-2027) : une approche par les risques — pratiques interdites, systèmes « à haut risque » très encadrés (dont le recrutement !), obligations de transparence, et formation à la maîtrise de l'IA exigée des organisations (article 4).

Objectif de cette section : les repères pratiques — pas un cours de droit. Vous saurez reconnaître les situations réglementées de votre quotidien et les bons réflexes associés.

Vocabulaire de la section

RGPD
Le règlement européen sur les données personnelles : s'applique pleinement quand l'IA traite des informations sur des personnes (clients, salariés, candidats).
Article 22 RGPD
Le droit de ne pas faire l'objet d'une décision entièrement automatisée à effet significatif (refus de crédit, rejet de candidature…) : l'humain doit rester dans la boucle.
AI Act
Le règlement européen sur l'IA : pratiques interdites (manipulation, notation sociale…), haut risque (recrutement, crédit, éducation…), obligations de transparence, sanctions substantielles.
Haut risque
Les usages listés très encadrés — le tri de candidatures et l'évaluation des salariés en font partie : conformité lourde exigée.
Maîtrise de l'IA (art. 4)
L'AI Act demande aux organisations d'assurer un niveau suffisant de compétence IA à leurs équipes — ce guide y contribue.
Vérifiez votre compréhension

Selon l'AI Act, le tri automatisé de candidatures est…

RGPD, AI Act & cadre légal
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En pratique — Le radar réglementaire appliqué à vos usages

  1. Reprenez vos usages listés en 4.5 et marquez ceux qui touchent des données personnelles : le RGPD s'y applique (minimisation, outil validé, pas de décision automatisée).
  2. Repérez les usages « haut risque » potentiels autour de vous (RH : tri de CV, évaluation) : qui, dans l'organisation, en valide la conformité ?
  3. Testez le réflexe transparence : lesquels de vos contenus générés devraient être signalés comme tels (chatbots face au public, contenus synthétiques) ?
  4. Notez les 3 questions à poser à votre DPO/référent : c'est la bonne porte d'entrée — pas l'auto-interprétation des textes.
Vos usages cartographiés au regard du RGPD et de l'AI Act — et les bonnes questions pour les bons interlocuteurs.

Points clés à retenir

  • Donnée personnelle = RGPD, quel que soit l'outil : minimisation, base légale, droits des personnes.
  • Pas de décision automatisée à effet significatif sans humain dans la boucle (art. 22).
  • AI Act : recrutement et évaluation des personnes = haut risque, conformité lourde — ne s'improvise pas.
  • Les questions réglementaires se posent au DPO/juriste : votre rôle est de les repérer, pas de les trancher.

Questions fréquentes

L'AI Act s'applique-t-il à moi, simple utilisateur en entreprise ?

Il pèse d'abord sur les fournisseurs et les organisations « déployeuses » — mais il vous touche concrètement : formation exigée, usages encadrés (transparence, supervision humaine), pratiques interdites. Suivre la charte interne vous met du bon côté.

Quelles sanctions en cas de manquement ?

RGPD : jusqu'à 4 % du chiffre d'affaires mondial. AI Act : jusqu'à 7 % ou 35 M€ pour les pratiques interdites. À l'échelle individuelle, le risque est disciplinaire — raison de plus pour des règles d'équipe claires (5.5).

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