2.1 · Bases des réseaux (IP, masque, passerelle)

Niveau 2 · Intermédiaire : réseaux & connectivité

2.1Bases des réseaux (IP, masque, passerelle)

Objectif : comprendre les notions d'adresse IP, masque, passerelle, et le modèle client-serveur.
Temps estimé : 13 min

Dès qu'on dépasse le poste isolé, tout passe par le réseau — et une immense proportion des incidents IT sont, au fond, des problèmes réseau. Les bases sont donc incontournables. Une adresse IP est l'identifiant d'une machine sur le réseau, comme une adresse postale : elle permet d'envoyer et de recevoir des données. En IPv4, elle se présente sous la forme de quatre nombres (ex. 192.168.1.10). Le masque de sous-réseau (ex. 255.255.255.0) définit quelle partie de l'adresse désigne le réseau et quelle partie désigne la machine : c'est lui qui détermine quelles machines sont « dans le même réseau local » et peuvent se parler directement. La passerelle (gateway, souvent le routeur/box) est la « porte de sortie » : pour joindre une machine hors du réseau local (par exemple sur Internet), les données passent par elle.

Deux autres notions complètent le tableau. Les adresses privées (comme 192.168.x.x, 10.x.x.x) sont utilisées à l'intérieur des réseaux locaux et ne sont pas routables sur Internet ; le passage vers l'extérieur se fait via la traduction d'adresses (NAT) au niveau du routeur, qui fait que tout un réseau local partage l'adresse publique de la box. Le modèle client-serveur structure la plupart des échanges : un client (votre navigateur, votre poste) demande, un serveur (un site web, un serveur de fichiers) répond. Pour le technicien, ces notions sont éminemment pratiques : comprendre qu'une machine sans IP valide (ou avec une mauvaise IP, un mauvais masque ou une mauvaise passerelle) ne peut pas communiquer explique une grande part des pannes « je n'ai plus Internet » ou « je n'accède plus au serveur ». Savoir lire la configuration IP d'un poste (avec la commande ipconfig — section 2.4) et reconnaître une adresse anormale (par exemple une IP en 169.254.x.x, signe que le poste n'a pas reçu d'adresse du DHCP — section 2.2) est un réflexe de diagnostic fondamental. Ce niveau ne fait pas de vous un ingénieur réseau, mais vous donne les repères qui résolvent la majorité des incidents de connectivité courants.

Vocabulaire de la section

Adresse IP
Identifiant d'une machine sur le réseau (ex. 192.168.1.10) permettant d'envoyer et recevoir des données.
Masque de sous-réseau
Valeur (ex. 255.255.255.0) qui sépare la partie réseau de la partie machine ; définit qui est « dans le même réseau ».
Passerelle (gateway)
Porte de sortie du réseau local (souvent le routeur/box) pour joindre des machines extérieures.
Adresse privée / NAT
Adresses internes non routables sur Internet (192.168.x.x, 10.x.x.x) ; le NAT traduit vers l'adresse publique.
Client-serveur
Modèle où un client demande un service et un serveur y répond.
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Que représente une adresse IP ?

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En pratique — Lire une configuration réseau

  1. Sur un poste, affichez la configuration IP (ipconfig) : notez l'adresse IP, le masque et la passerelle.
  2. Déterminez si l'adresse est privée (192.168.x.x, 10.x.x.x) et si elle est cohérente avec le réseau.
  3. Repérez une anomalie : adresse en 169.254.x.x (pas d'adresse reçue), masque ou passerelle incorrects.
  4. Reliez la config au symptôme : une IP invalide ou une mauvaise passerelle explique « plus d'Internet » ou « plus d'accès serveur ».
Vous lisez et interprétez une configuration IP, et reliez ses anomalies aux pannes de connectivité courantes.

Points clés à retenir

  • IP = adresse de la machine ; masque = sépare réseau/machine (qui peut se parler directement) ; passerelle = sortie vers l'extérieur.
  • Adresses privées (192.168.x.x, 10.x.x.x) non routables sur Internet ; le NAT traduit vers l'adresse publique.
  • Modèle client-serveur : le client demande, le serveur répond.
  • Réflexe diagnostic : lire ipconfig ; une IP en 169.254.x.x signale l'absence d'adresse DHCP (section 2.2).

Questions fréquentes

Que signifie une adresse qui commence par 169.254 ? C'est fréquent en dépannage.

C'est l'un des symptômes les plus utiles à reconnaître, car il pointe directement vers une cause précise. Une adresse en 169.254.x.x est une adresse dite d'auto-configuration (APIPA) : le système se l'attribue lui-même quand il n'a pas réussi à obtenir d'adresse d'un serveur DHCP (section 2.2). Autrement dit, la machine a bien voulu se connecter au réseau, a demandé une adresse, n'a reçu aucune réponse, et s'est rabattue sur cette adresse « de secours ». Conséquence pratique immédiate : avec une adresse 169.254, la machine ne peut communiquer avec presque personne — pas de bon réseau, pas de passerelle valide, donc pas d'Internet ni d'accès aux serveurs. C'est pourquoi ce symptôme accompagne typiquement un « je n'ai plus rien qui marche ». La bonne nouvelle est que le diagnostic est balisé, car il y a un nombre limité de causes au fait de ne pas recevoir d'adresse DHCP. Vérifiez d'abord la connexion physique : câble réseau débranché ou défectueux, port réseau désactivé, mauvais port du switch, ou Wi-Fi mal connecté — c'est la cause la plus fréquente et la plus simple. Vérifiez ensuite que le serveur DHCP (souvent la box ou un serveur dédié) fonctionne et est joignable : s'il est en panne, tout le réseau qui en dépend se retrouve en 169.254. Un DHCP à court d'adresses disponibles (plage épuisée) produit le même effet. Un problème sur le switch ou le segment réseau entre le poste et le DHCP peut aussi être en cause. Côté poste, vérifiez que la carte réseau est bien configurée en obtention automatique de l'adresse (et non en IP fixe erronée). La démarche : renouveler la demande d'adresse (relâcher/renouveler le bail DHCP avec les commandes adéquates, ou redémarrer la connexion), et si l'échec persiste, remonter la chaîne physique (câble, port, switch) puis vérifier le DHCP. Un seul poste en 169.254 pointe souvent vers un problème local (câble, port, config du poste) ; plusieurs postes simultanément en 169.254 pointent vers un problème plus central (DHCP en panne, plage épuisée, panne d'un switch) — cette distinction oriente immédiatement le diagnostic vers le bon niveau.

Faut-il attribuer des adresses IP fixes ou laisser le DHCP faire ?

Les deux approches coexistent, et le choix dépend du rôle de la machine — comprendre quand utiliser l'une ou l'autre est une base de l'administration réseau. Le DHCP (attribution automatique, section 2.2) est la règle par défaut pour la grande majorité des postes de travail, et pour d'excellentes raisons : il évite la gestion manuelle (imaginez attribuer et suivre à la main l'adresse de centaines de postes), élimine les erreurs de configuration et les conflits d'adresses, s'adapte automatiquement aux appareils mobiles qui vont et viennent, et centralise la configuration réseau (masque, passerelle, DNS distribués automatiquement, donc modifiables en un seul endroit). Pour un poste utilisateur ordinaire, laisser le DHCP faire est la bonne pratique — c'est plus simple, plus fiable et plus évolutif. L'adresse fixe (statique) se justifie pour les machines qui doivent être joignables à une adresse stable et prévisible : les serveurs (un serveur de fichiers, de messagerie, un contrôleur de domaine dont l'adresse ne doit pas changer), les imprimantes réseau (pour que les postes les retrouvent toujours), les équipements réseau eux-mêmes (switchs administrables, points d'accès, routeurs), et certains matériels spécifiques. Une machine dont d'autres dépendent pour la trouver a besoin d'une adresse qui ne bouge pas. Il existe une solution élégante qui combine les avantages des deux : la réservation DHCP. On configure le serveur DHCP pour qu'il attribue toujours la même adresse à une machine donnée (identifiée par son adresse matérielle MAC). La machine obtient ainsi une adresse stable et prévisible, comme une IP fixe, mais la configuration reste centralisée sur le serveur DHCP (donc gérée et modifiable à un seul endroit), sans avoir à toucher la machine elle-même. C'est souvent la meilleure approche pour les imprimantes et serveurs en environnement bien administré. Deux pièges à éviter avec les adresses fixes manuelles : le conflit d'adresse (deux machines avec la même IP se perturbent mutuellement — un classique quand on attribue une IP fixe dans la plage utilisée par le DHCP) et l'oubli de documentation (une IP fixe non notée devient un mystère six mois plus tard). Règle pratique : DHCP par défaut pour les postes, adresse stable (fixe ou réservation DHCP) pour les serveurs, imprimantes et équipements réseau, et toujours documenter le plan d'adressage (section 5.4).

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