2.2 · DNS, DHCP & fonctionnement d'Internet

Niveau 2 · Intermédiaire : réseaux & connectivité

2.2DNS, DHCP & fonctionnement d'Internet

Objectif : comprendre le DNS (noms de domaine), le DHCP (attribution d'IP) et le chemin d'une requête web.
Temps estimé : 12 min

Deux services rendent le réseau utilisable au quotidien : le DHCP et le DNS. Le DHCP (Dynamic Host Configuration Protocol) attribue automatiquement une configuration réseau (adresse IP, masque, passerelle, serveurs DNS) aux machines qui se connectent : sans lui, il faudrait configurer chaque poste à la main (section 2.1). Une adresse est prêtée pour une durée (le bail), puis renouvelée. Le DNS (Domain Name System) est l'annuaire d'Internet : il traduit les noms compréhensibles par l'humain (guidinee.com) en adresses IP compréhensibles par les machines. Sans DNS, il faudrait mémoriser des suites de chiffres pour chaque site — impensable.

Comprendre le chemin d'une requête web éclaire tout le reste. Quand vous tapez une adresse : votre machine demande d'abord au DNS l'adresse IP correspondant au nom ; une fois l'IP obtenue, votre navigateur (le client) contacte le serveur web à cette adresse ; la requête sort du réseau local par la passerelle, traverse Internet, atteint le serveur qui renvoie la page. Chaque étape est un point de panne potentiel, ce qui rend ces notions très pratiques en diagnostic. Deux symptômes classiques à savoir distinguer. « Je n'ai pas d'adresse IP » (ou une adresse en 169.254) = problème DHCP (section 2.1). « Les sites ne s'ouvrent pas par leur nom mais fonctionnent par leur adresse IP » = problème DNS : la connectivité de base marche, mais la traduction nom→IP échoue (c'est pourquoi tester avec nslookup et essayer un serveur DNS alternatif est un réflexe utile — section 2.4). Un raccourci mnémotechnique : le DHCP vous donne votre place sur le réseau ; le DNS vous dit où trouver les autres. Maîtriser cette distinction évite de chercher au mauvais endroit : bien des « Internet ne marche plus » ne sont en réalité qu'un problème de DNS, résolu en quelques secondes une fois identifié.

Vocabulaire de la section

DHCP
Service qui attribue automatiquement la configuration réseau (IP, masque, passerelle, DNS) aux machines.
Bail DHCP
Durée pendant laquelle une adresse est prêtée à une machine, puis renouvelée.
DNS
Annuaire d'Internet qui traduit les noms (guidinee.com) en adresses IP.
Résolution de nom
Opération de traduction d'un nom de domaine en adresse IP par le DNS.
Chemin d'une requête
Étapes d'un accès web : résolution DNS → contact du serveur via la passerelle → réponse.
Vérifiez votre compréhension

À quoi sert le DNS ?

Tutoriel 2.2
Tutoriel 2.2 (2)
Tutos « 2.2 » DNS DHCP Internet résolution nom adresse fonctionnement (recherche)
Cliquer pour voir les résultats à jour ↗

En pratique — Distinguer un problème DHCP d'un problème DNS

  1. Vérifiez d'abord la configuration IP : une adresse valide reçue = DHCP OK ; une adresse en 169.254 = problème DHCP.
  2. Si l'IP est bonne mais les sites n'ouvrent pas par leur nom, testez la résolution DNS (nslookup d'un nom connu).
  3. Essayez d'accéder à une ressource par son adresse IP directe : si ça marche par IP mais pas par nom, c'est le DNS.
  4. Testez un serveur DNS alternatif si nécessaire, et reliez chaque symptôme au bon service.
Vous distinguez rapidement un problème DHCP (pas d'adresse) d'un problème DNS (noms non résolus).

Points clés à retenir

  • DHCP = attribue automatiquement la config réseau (IP, masque, passerelle, DNS) ; sans lui, tout serait manuel.
  • DNS = annuaire qui traduit les noms (guidinee.com) en adresses IP ; sans lui, il faudrait mémoriser des chiffres.
  • Chemin web : résolution DNS → contact du serveur via la passerelle → réponse.
  • Diagnostic : pas d'IP (169.254) = DHCP ; ça marche par IP mais pas par nom = DNS. Le DHCP donne votre place, le DNS dit où sont les autres.

Questions fréquentes

Pourquoi beaucoup de pannes « Internet ne marche pas » sont-elles en réalité des problèmes de DNS ?

Parce que le DNS est une étape invisible mais indispensable de presque chaque accès à une ressource, et qu'une défaillance à ce niveau produit exactement le symptôme « Internet est cassé » alors que la connexion, elle, fonctionne parfaitement. Rappelons le mécanisme : quand vous ouvrez un site, votre machine doit d'abord traduire le nom (par exemple un site quelconque) en adresse IP via le DNS ; ce n'est qu'ensuite qu'elle contacte le serveur. Si cette traduction échoue, aucun site ne s'ouvre par son nom — et comme l'utilisateur n'accède jamais aux sites autrement que par leur nom, il conclut logiquement qu'« Internet ne marche plus ». Pourtant, la connectivité de base (adresse IP valide, passerelle joignable) est intacte : c'est uniquement l'annuaire qui est en défaut. Ce qui rend ces pannes fréquentes, c'est le nombre de causes possibles au niveau DNS : un serveur DNS configuré qui ne répond plus ou est en panne, un cache DNS local corrompu (le poste a mémorisé une mauvaise correspondance), un problème chez le fournisseur d'accès, une mauvaise configuration DNS distribuée par le DHCP, ou un blocage. Le symptôme caractéristique qui permet d'identifier un problème DNS est simple et très utile : les noms ne fonctionnent pas, mais l'accès direct par adresse IP fonctionne. Si vous pouvez joindre une ressource par son adresse numérique mais pas par son nom, le diagnostic est posé — la connectivité est bonne, seule la résolution de nom échoue. Les outils de diagnostic confirment vite : tester la résolution d'un nom connu (nslookup) montre si le DNS répond, et essayer un serveur DNS alternatif (public et fiable) permet de contourner un serveur défaillant pour vérifier l'hypothèse. Les remèdes courants sont rapides une fois la cause identifiée : vider le cache DNS local, changer le serveur DNS, corriger la configuration, ou remonter au serveur/fournisseur si le problème est en amont. La leçon pratique de cette section est précieuse : devant un « je n'ai plus Internet », ne présumez pas d'une panne de connexion. Vérifiez d'abord si c'est réellement la connectivité (adresse IP, passerelle) ou seulement la résolution de nom (DNS). Cette distinction vous fera gagner un temps considérable et évitera de redémarrer des équipements ou d'appeler le fournisseur pour un problème qui se règle localement en quelques secondes.

Faut-il changer les serveurs DNS ? Y a-t-il un intérêt à utiliser un DNS public ?

Changer de serveur DNS est à la fois un outil de diagnostic précieux et, parfois, un choix de configuration — mais qui mérite d'être fait en connaissance de cause, surtout en entreprise. Comme outil de diagnostic, c'est incontournable : lorsqu'on soupçonne un problème DNS, basculer temporairement vers un serveur DNS public et fiable permet de vérifier immédiatement si le problème venait du serveur DNS d'origine. Si les sites se remettent à fonctionner avec le DNS alternatif, le serveur initial était en cause — diagnostic confirmé. C'est un réflexe simple et efficace. Comme choix de configuration durable, les serveurs DNS publics (proposés par de grands acteurs) présentent des avantages réels : ils sont généralement très disponibles et rapides, souvent plus que certains serveurs de fournisseurs d'accès moins performants, et certains offrent des fonctions de sécurité (blocage de domaines malveillants) ou de filtrage (versions familiales bloquant les contenus inappropriés). Pour un usage personnel, changer pour un DNS public réputé peut donc améliorer la rapidité et la fiabilité. Mais attention, en entreprise, la situation est différente et il ne faut pas changer les DNS à la légère. Dans un réseau d'entreprise avec un domaine (Active Directory, niveau 3), les postes doivent utiliser les serveurs DNS internes, car ceux-ci résolvent non seulement les noms Internet mais aussi les noms internes (serveurs, services, contrôleurs de domaine) que les DNS publics ne connaissent pas. Configurer un DNS public sur un poste du domaine casse la résolution des ressources internes et peut empêcher l'authentification et l'accès aux serveurs — une erreur classique aux conséquences déroutantes. La règle est donc : sur un poste du domaine, on garde les DNS internes (qui eux-mêmes redirigent vers l'extérieur pour les noms publics) ; le changement de DNS ne se fait qu'au niveau des serveurs DNS de l'entreprise, par les administrateurs. En dehors d'un domaine (petit réseau, usage personnel), le DNS public est une option intéressante pour la performance et la sécurité. Dans tous les cas, le changement temporaire pour tester reste un outil de diagnostic universel et sans risque, à condition de rétablir ensuite la configuration adaptée à l'environnement.

Autres ressources