0.2Installation, licence et configuration matérielle
Avant de modéliser, il faut un poste correctement installé et configuré — étape souvent bâclée qui cause ensuite plantages et lenteurs. L'installation passe par le SolidWorks Installation Manager, qui télécharge et déploie les modules choisis (SolidWorks, Simulation, PDM, eDrawings…). La licence se présente sous deux formes principales : la licence machine (activée sur un poste précis, à désactiver avant de changer d'ordinateur — sinon vous « perdez » une activation) et la licence réseau (SolidNetWork License, gérée par un serveur qui distribue un nombre de licences flottantes à plusieurs postes) ; la version étudiante, elle, s'active avec un numéro de série fourni par l'établissement. Retenez le réflexe crucial : sur une licence machine, désactivez avant de réinstaller ou de changer de PC (Aide → Désactiver les licences) — l'oubli est la mésaventure classique du débutant.
La configuration matérielle mérite une vraie attention, car SolidWorks est exigeant et — point capital — certifie des configurations. Trois composants comptent. Le processeur (CPU) : SolidWorks privilégie la fréquence par cœur plus que le nombre de cœurs (la modélisation est largement mono-cœur) — un CPU rapide en fréquence sert mieux qu'un CPU à très nombreux cœurs mais lents. La mémoire vive (RAM) : 16 Go est un minimum de confort, 32 Go recommandé pour les gros assemblages et la simulation. La carte graphique (GPU) : c'est le point le plus sensible — SolidWorks recommande une carte professionnelle certifiée (gammes NVIDIA Quadro/RTX ou AMD Radeon Pro) avec un pilote certifié par Dassault ; une carte « gaming » non certifiée fonctionne souvent, mais peut provoquer des affichages erratiques ou des plantages, difficiles à diagnostiquer. Le réflexe professionnel : consulter la liste des configurations et pilotes certifiés sur le site de l'éditeur, et installer précisément le pilote graphique recommandé (pas forcément le plus récent). Un poste bien configuré et à pilote certifié vous épargne des heures de dépannage inexplicable — c'est un investissement de démarrage, pas une option.
Vocabulaire de la section
- Installation Manager
- Assistant officiel qui télécharge et déploie SolidWorks et ses modules (Simulation, PDM, eDrawings…) ; gère aussi les mises à jour et les correctifs.
- Licence machine vs réseau
- Machine : activée sur un poste précis (à désactiver avant de changer de PC). Réseau (SolidNetWork) : licences flottantes distribuées par un serveur à plusieurs postes.
- Configuration certifiée
- Combinaison matériel + pilote graphique validée par Dassault Systèmes ; garantit stabilité et affichage correct — à privilégier absolument.
- GPU certifié
- Carte graphique professionnelle (NVIDIA Quadro/RTX, AMD Radeon Pro) avec pilote validé ; évite les artefacts et plantages d'affichage des cartes non certifiées.
- Désactivation de licence
- Opération (Aide → Désactiver) libérant une licence machine avant réinstallation ou changement de poste ; son oubli « bloque » une activation.
Quels sont les trois types de documents / étapes de SolidWorks ?
En pratique — Installer et fiabiliser votre poste SolidWorks
- Installez via l'Installation Manager et activez votre licence (numéro de série étudiant, licence machine ou serveur réseau selon votre cas).
- Vérifiez votre carte graphique et son pilote contre la liste des configurations certifiées de l'éditeur ; installez le pilote recommandé (pas nécessairement le dernier).
- Contrôlez la RAM (16 Go mini, 32 Go conseillé) et notez que SolidWorks privilégie la fréquence CPU par cœur plus que le nombre de cœurs.
- Mémorisez le réflexe : avant tout changement de PC ou réinstallation sur licence machine, DÉSACTIVEZ la licence (Aide → Désactiver).
Points clés à retenir
- Licence machine (un poste, à DÉSACTIVER avant de changer de PC) vs réseau (SolidNetWork, licences flottantes) ; version étudiante activée par numéro de série.
- SolidWorks privilégie la FRÉQUENCE CPU par cœur (modélisation mono-cœur) ; RAM 16 Go mini, 32 Go pour gros assemblages et simulation.
- Point le plus sensible : une carte graphique CERTIFIÉE (Quadro/RTX, Radeon Pro) avec le PILOTE certifié par Dassault — les cartes non certifiées causent des plantages d'affichage.
- Consulter la liste des configurations et pilotes certifiés de l'éditeur : un poste bien configuré épargne des heures de dépannage.
Questions fréquentes
Ma carte graphique n'est pas certifiée : SolidWorks va-t-il quand même fonctionner ?
Dans la plupart des cas, oui, il fonctionnera — mais avec un risque de problèmes d'affichage difficiles à diagnostiquer, et c'est précisément ce qui rend la question importante. Comprenez la logique : SolidWorks fait un usage intensif de la carte graphique via une bibliothèque d'affichage (OpenGL, et de plus en plus l'accélération temps réel), et l'éditeur ne peut garantir un comportement correct qu'avec les combinaisons carte + pilote qu'il a testées et validées. Avec une carte grand public (gaming) non certifiée, plusieurs scénarios : (1) tout se passe bien (fréquent avec les cartes récentes de bonne gamme) ; (2) des artefacts d'affichage apparaissent — faces qui scintillent, arêtes fantômes, géométrie qui « disparaît » en rotation, aperçus incorrects ; (3) des plantages aléatoires, notamment dans les gros assemblages ou en mode de rendu avancé. Le piège : ces symptômes ressemblent à des bugs du logiciel ou à des erreurs de modélisation, alors qu'ils viennent du couple carte/pilote — on perd des heures à chercher au mauvais endroit. Que faire concrètement ? D'abord, testez : si vous n'avez pas de problème, ne changez rien. Ensuite, si des artefacts apparaissent, le premier réflexe n'est pas de changer de carte mais d'ajuster le pilote (certains fabricants proposent des pilotes « studio/pro » plus stables que les pilotes « game ready ») et les options d'affichage de SolidWorks (Options → Performances / Affichage : désactiver certaines accélérations, réduire le niveau de détail). SolidWorks intègre aussi un outil de diagnostic (SOLIDWORKS Rx) qui signale un pilote non recommandé. Enfin, si vous travaillez sérieusement ou professionnellement, une carte certifiée d'entrée de gamme (les gammes pro existent à des prix raisonnables) est un investissement de tranquillité : vous éliminez d'un coup toute une catégorie de problèmes. Pour de l'apprentissage sur un portable ou un PC existant, commencez avec ce que vous avez — vous ajusterez si nécessaire.
Faut-il installer tous les modules et toujours la dernière version ?
Non aux deux, et pour de bonnes raisons de méthode. Sur les modules : n'installez que ce dont vous avez besoin. L'Installation Manager propose SolidWorks, mais aussi Simulation, Flow Simulation, PDM, Electrical, Visualize, Routing, etc. — installer tout alourdit le poste, allonge les mises à jour et complexifie le dépannage, sans bénéfice si vous ne les utilisez pas. Commencez par le noyau (SolidWorks + eDrawings pour partager des vues) ; ajoutez un module quand vous abordez réellement le sujet correspondant (Simulation au niveau 4, PDM au niveau 5 de ce guide). Vous pouvez toujours relancer l'Installation Manager pour ajouter un composant ultérieurement — inutile de tout charger « au cas où ». Sur la version : la logique professionnelle est contre-intuitive pour un débutant. En entreprise, on ne prend PAS systématiquement la toute dernière version, et surtout pas le jour de sa sortie, pour trois raisons : (1) la compatibilité des fichiers — SolidWorks n'ouvre pas un fichier créé dans une version plus récente que la vôtre (l'inverse fonctionne : une version récente ouvre les anciens fichiers). Si vous collaborez avec des clients ou fournisseurs, vous devez être aligné sur LEUR version, ou en amont ; passer à la dernière version trop tôt peut vous empêcher d'échanger. (2) La stabilité — les premières éditions d'une nouvelle version (le « Service Pack 0 ») contiennent parfois des bugs ; les équipes prudentes attendent le SP2 ou SP3. (3) La coordination d'équipe — tout le monde doit migrer en même temps. Pour de l'apprentissage individuel, en revanche, la version la plus récente à laquelle vous avez accès (2026, étudiante) est parfaite : vous profitez des dernières fonctions et de l'interface actuelle, sans contrainte de compatibilité puisque vous ne dépendez de personne. Retenez simplement le principe pour plus tard : en contexte collaboratif, la version se choisit par la compatibilité, pas par la nouveauté.