1.1Créer la grille / maillage (axes et niveaux)
La première chose à créer dans un modèle de structure est la grille (maillage) — le réseau d'axes et de niveaux qui structure tout le bâtiment et sert de référence à TOUT ce qui suivra. Les axes (ou files) sont les lignes de référence horizontales : des files verticales (souvent numérotées 1, 2, 3…) et des files horizontales (souvent lettrées A, B, C…) qui forment un quadrillage. Les niveaux sont les références verticales d'altitude (le sol à 0.00, un étage à +3.00, etc.). Ensemble, la grille définit un système de coordonnées de chantier universel : un poteau se situe « à l'intersection de la file B et de la file 3, du niveau 0.00 au niveau +3.50 » — un langage que tout le monde (concepteurs, atelier, chantier) comprend. Créer la grille est donc l'acte fondateur : c'est le squelette de référence sur lequel se posera toute la structure.
En pratique, on crée la grille via la commande dédiée : on saisit les espacements entre files (par exemple « 6000 6000 6000 » pour trois travées de 6 m dans une direction) et les libellés (les noms des files : 1 2 3 4… et A B C…), ainsi que les niveaux (les altitudes et leurs noms). Tekla génère le maillage 3D correspondant. Points importants. D'abord, la grille doit refléter la réalité du projet (les entraxes réels de l'ossature), car c'est elle qui va guider le placement de tous les éléments — une grille juste, c'est une structure bien positionnée. Ensuite, la grille est modifiable : on peut ajouter, déplacer, renommer des files (le modèle évoluant, la trame peut s'affiner) — mais mieux vaut la poser correctement au départ. Enfin, la grille sert de base à l'accrochage : en modélisant, on accrochera les poteaux et poutres aux intersections de files et aux niveaux, garantissant un positionnement précis et cohérent (c'est tout l'intérêt du snap sur la grille vu en 0-4). On peut créer plusieurs grilles (par exemple une grille locale pour une partie inclinée ou décalée du bâtiment) selon la complexité. La grille n'est pas un simple décor : c'est le référentiel constructif partagé, et bien la construire dès le départ conditionne la précision, la lisibilité et la communication de tout le projet. Un modèle sans grille claire, ou avec une grille fausse, est un modèle où tout risque d'être mal positionné — l'équivalent de construire sans implantation.
Vocabulaire de la section
- Grille (maillage)
- Réseau d'axes (files) et de niveaux structurant tout le bâtiment ; référentiel de coordonnées de chantier auquel se rapportent tous les éléments.
- Axe / file
- Ligne de référence horizontale (files numérotées 1,2,3… et lettrées A,B,C…) formant un quadrillage ; positionne les éléments en plan.
- Niveau
- Référence verticale d'altitude (0.00, +3.00…) avec son nom ; positionne les éléments en hauteur (du niveau bas au niveau haut).
- Espacement / libellé
- Distances entre files (ex. « 6000 6000 6000 ») et noms des files/niveaux, saisis pour générer la grille conforme à la trame réelle du projet.
- Référentiel constructif
- Rôle de la grille : langage de position partagé par concepteurs, atelier et chantier (« intersection file B/3, niveau 0.00 ») garantissant cohérence et communication.
Quel est l'acte fondateur d'un modèle de structure, et pourquoi ?
En pratique — Créer la grille structurante du projet
- Lancez la commande de création de grille et saisissez les espacements des files dans les deux directions (ex. « 6000 6000 6000 » et « 5000 5000 »).
- Nommez les files (1, 2, 3… et A, B, C…) et définissez les niveaux (altitudes et noms : 0.00, +3.50…).
- Vérifiez que la grille reflète les entraxes RÉELS du projet — c'est elle qui guidera tout le positionnement.
- Testez l'accrochage aux intersections de files et aux niveaux : c'est ainsi que vous placerez précisément poteaux et poutres.
Points clés à retenir
- La GRILLE (files + niveaux) est l'acte fondateur : le référentiel de coordonnées de chantier sur lequel se pose TOUTE la structure.
- Files (numérotées et lettrées) = position en plan ; niveaux (altitudes) = position en hauteur — ensemble ils forment un langage universel (« file B/3, niveau 0.00 »).
- Créer via espacements (« 6000 6000 6000 ») + libellés + niveaux ; la grille doit refléter les entraxes RÉELS du projet.
- La grille sert de base à l'ACCROCHAGE (snap) : on accroche les éléments aux intersections de files et aux niveaux — positionnement précis et cohérent garanti.
Questions fréquentes
Que se passe-t-il si ma grille est fausse ou change en cours de projet ?
La grille étant le référentiel sur lequel tout se positionne, une grille fausse propage l'erreur à toute la structure — d'où l'importance de la soigner au départ ; mais Tekla permet aussi de la faire évoluer, avec précautions. Si la grille est FAUSSE dès le départ (mauvais entraxes, files mal placées) : tous les éléments accrochés dessus seront mal positionnés, la structure ne correspondra pas au projet réel, et les plans qui en découlent seront faux. C'est l'équivalent d'une implantation de chantier erronée : tout ce qui se construit dessus hérite de l'erreur. D'où la règle : vérifiez soigneusement la grille avant de commencer à modéliser dessus — comparez les entraxes aux plans de conception, contrôlez les niveaux. Quelques minutes de vérification évitent des reprises massives. Si la grille CHANGE en cours de projet (ce qui arrive : la conception évolue, une travée se décale, un niveau change de hauteur) : Tekla permet de modifier la grille (déplacer une file, changer un espacement, ajouter/supprimer des files ou niveaux, renommer). Mais attention à un point crucial : déplacer une file de grille ne déplace PAS automatiquement les éléments qui « semblaient » posés dessus. Pourquoi ? Parce qu'un élément accroché à une intersection au moment de sa création a une position ABSOLUE (des coordonnées) — il n'est pas « lié » dynamiquement à la file comme le serait une relation paramétrique. Si vous déplacez la file, l'élément reste où il était, désormais décalé par rapport à la nouvelle position de la file. Conséquences pratiques : (1) modifier la grille impose souvent de repositionner les éléments concernés (les déplacer pour les recaler sur les nouvelles files) — un travail qui peut être conséquent selon l'ampleur du changement ; (2) d'où l'intérêt, encore, de bien poser la grille au départ pour minimiser ces reprises. Bonnes pratiques face aux évolutions : (1) posez la grille la plus juste possible dès le début, en vous appuyant sur les plans de conception validés ; (2) si un changement de trame survient, procédez méthodiquement — modifiez la grille PUIS repositionnez les éléments affectés (Tekla offre des outils de déplacement, et l'accrochage sur la nouvelle grille aide à recaler) ; (3) sur les gros projets, coordonnez les changements de trame (ils impactent tout le monde) ; (4) vérifiez après coup que tout est bien recalé (des outils de contrôle et la comparaison visuelle aident). Une nuance : certains flux de travail avancés lient davantage les éléments à la grille, mais dans l'usage standard, retenez que la grille est une RÉFÉRENCE que vous suivez à la création, pas un lien paramétrique permanent — d'où l'importance de la stabiliser tôt. En résumé : la grille est le fondement ; une grille fausse ou instable est coûteuse (tout est mal placé ou à repositionner). Investissez dans une grille juste et validée au départ, et gérez ses évolutions éventuelles avec méthode (modifier la grille puis recaler les éléments). C'est le premier principe d'un modèle propre et précis.
Faut-il une seule grille ou plusieurs, et comment gérer une géométrie complexe ?
Cela dépend de la complexité géométrique du bâtiment : une grille orthogonale simple suffit pour une trame régulière, mais les projets complexes justifient plusieurs grilles ou des grilles adaptées — voyons comment décider. Pour une structure régulière et orthogonale (le cas le plus fréquent : un bâtiment rectangulaire à trame régulière), UNE grille principale orthogonale suffit et convient parfaitement : files numérotées dans une direction, lettrées dans l'autre, niveaux réguliers. C'est simple, clair, et couvre la majorité des projets courants. Pour des géométries plus complexes, plusieurs approches : (1) Grilles multiples / locales. Si le bâtiment a des parties orientées différemment (une aile en biais, un décrochement, un bâtiment en L avec des trames non alignées), on peut créer des grilles supplémentaires locales, chacune adaptée à sa zone (avec sa propre orientation, ses propres files). Cela évite de tordre une grille unique pour couvrir des géométries incompatibles. (2) Grilles non orthogonales / obliques. Tekla permet des files non perpendiculaires (grilles en éventail, radiales, obliques) pour les géométries particulières (un bâtiment circulaire, une trame en éventail) — les files peuvent suivre la géométrie réelle. (3) Grilles à espacements variables. Les entraxes n'ont pas à être réguliers : on saisit les espacements réels (« 5000 6000 4500 7000 »), ce qui gère les trames irrégulières fréquentes en réalité. (4) Niveaux multiples et complexes. Les niveaux peuvent être nombreux et à altitudes quelconques (planchers décalés, mezzanines, niveaux intermédiaires) — on les définit selon le projet réel. Comment gérer concrètement une géométrie complexe : (1) Décomposez le bâtiment en zones cohérentes et donnez à chacune la grille adaptée (une grille par « bloc » à géométrie homogène). (2) Nommez clairement vos grilles et files pour vous y retrouver (surtout avec plusieurs grilles). (3) Assurez la cohérence des jonctions entre zones (là où deux grilles se rencontrent, la structure doit se raccorder proprement). (4) Utilisez le plan de travail (section 0-4) pour modéliser commodément dans les zones orientées différemment (le caler sur la grille locale). Le principe directeur : la ou les grilles doivent refléter la logique constructive réelle du bâtiment. Un bâtiment simple = une grille simple ; un bâtiment complexe = des grilles qui épousent ses différentes géométries. Ne cherchez pas à faire compliqué si le projet est simple (une grille orthogonale suffit et c'est mieux), mais ne forcez pas non plus une grille unique sur une géométrie qui appelle plusieurs repères. Comme souvent en modélisation, la bonne structure de référence (ici les grilles) rend tout le reste plus simple ; une grille mal pensée sur une géométrie complexe rend la modélisation pénible. Adaptez la grille à la réalité du projet, et elle restera l'alliée qui positionne tout correctement.