1.3Dalles, plaques, voiles & fondations
Après les éléments linéaires (poteaux, poutres), viennent les éléments surfaciques et les fondations. Les dalles (planchers, radiers) : des éléments plans horizontaux, créés en cliquant les points du contour (un polygone) puis en réglant l'épaisseur, le matériau et le niveau. Les voiles (murs porteurs en béton) : des éléments plans verticaux, créés par leur ligne de base et leur hauteur. Les plaques (au sens acier : platines, tôles) : des éléments d'épaisseur, créés par leur contour. Les fondations : semelles isolées (sous un poteau), semelles filantes (sous un mur), radiers — modélisées comme des éléments béton de fondation. Ces éléments se créent avec la même logique que poteaux et poutres : cliquer une géométrie, régler les propriétés (dimensions, matériau, classe, position). Ils complètent l'ossature linéaire pour former la structure complète (les poteaux et poutres portent, les dalles ferment les planchers, les voiles contreventent et portent, les fondations reprennent les charges au sol).
Quelques spécificités à connaître. Pour les dalles et plaques, le contour se dessine par une polyligne (on clique les sommets, souvent accrochés à la grille ou aux éléments existants) ; on peut ensuite ajouter des ouvertures (trémies pour escaliers, gaines) par des découpes. La position en épaisseur compte (comme le point de saisie : la dalle se développe-t-elle vers le haut ou le bas de la ligne de référence ? un plancher a généralement son dessus au niveau fini). Pour les voiles, la hauteur et le positionnement par rapport à la file (nu intérieur/extérieur) sont à régler. Pour les fondations, les dimensions (largeur, longueur, hauteur de la semelle) et la profondeur sont clés, et elles se positionnent sous les éléments porteurs. Un point transversal important : ces éléments seront, selon les cas, en béton (dalles, voiles, fondations le plus souvent) — et donc concernés par le ferraillage (niveau 3) — ou en acier (plaques). Le type de matériau détermine tout le traitement ultérieur. Enfin, comme toujours, la précision géométrique est essentielle : une dalle au bon niveau et à la bonne épaisseur, un voile bien positionné, une semelle bien dimensionnée — car ces éléments définissent des interfaces réelles (où pose la dalle, comment le voile rejoint le plancher, comment le poteau s'appuie sur la semelle). Modéliser dalles, voiles et fondations complète la structure porteuse ; avec les poteaux et poutres du 1-2, vous avez désormais tous les éléments de base pour bâtir l'ossature complète d'un bâtiment — ce que l'exercice de synthèse (1-5) mettra en pratique.
Vocabulaire de la section
- Dalle
- Élément plan horizontal (plancher, radier) créé par son contour (polyligne) avec épaisseur, matériau et niveau ; peut recevoir des ouvertures (trémies).
- Voile
- Mur porteur en béton, élément plan vertical créé par sa ligne de base et sa hauteur ; porte et contrevente.
- Plaque (acier)
- Élément d'épaisseur en acier (platine, tôle) créé par son contour ; distinct de la dalle béton.
- Fondation
- Élément reprenant les charges au sol : semelle isolée (sous poteau), semelle filante (sous mur), radier ; dimensions et profondeur clés.
- Ouverture / trémie
- Percement dans une dalle ou un voile (escalier, gaine) réalisé par découpe ; à modéliser pour une géométrie réelle exacte.
Le type de matériau (béton/acier) change-t-il la modélisation ?
En pratique — Modéliser dalles, voiles et fondations
- Créez une dalle de plancher en cliquant son contour (accroché à la grille), réglez épaisseur, matériau (béton) et position (dessus au niveau fini).
- Ajoutez une trémie (ouverture) dans la dalle pour un escalier ou une gaine.
- Modélisez un voile (mur béton) par sa ligne de base et sa hauteur, en réglant sa position par rapport à la file.
- Placez des semelles de fondation sous les poteaux (dimensions et profondeur adaptées) — la structure porteuse de base est complète.
Points clés à retenir
- Éléments surfaciques et fondations : DALLES (planchers/radiers, par contour), VOILES (murs béton, ligne + hauteur), PLAQUES (acier), FONDATIONS (semelles, radiers).
- Dalles/plaques : contour par polyligne (accroché à la grille) + ouvertures/trémies possibles ; position en épaisseur à régler (dessus au niveau fini).
- Le MATÉRIAU détermine le traitement ultérieur : béton (dalles, voiles, fondations) → ferraillage (niveau 3) ; acier (plaques).
- Précision géométrique essentielle : ces éléments définissent des INTERFACES réelles (pose de dalle, jonction voile/plancher, appui poteau/semelle).
Questions fréquentes
Comment gérer les ouvertures (trémies) dans les dalles et les voiles ?
Les ouvertures (trémies pour escaliers, ascenseurs, gaines techniques, passages) sont fréquentes et importantes à modéliser correctement, car elles affectent la géométrie réelle, le ferraillage et les plans — voici comment les traiter. Le principe : une ouverture est un percement dans un élément surfacique (dalle ou voile). Dans Tekla, on la crée généralement par une découpe (cut) : on définit la forme de l'ouverture (rectangulaire, circulaire, polygonale) et on l'applique à la dalle/au voile, qui se trouve percé en conséquence. Plusieurs méthodes : (1) une découpe par polygone/rectangle dessiné directement dans la dalle ; (2) une découpe par un objet (créer une forme et l'utiliser pour percer) ; (3) des composants d'ouverture dédiés qui créent l'ouverture ET ses renforts. Points importants : (1) La géométrie réelle : l'ouverture doit être à la bonne position et aux bonnes dimensions, car elle correspond à un vrai percement (l'escalier doit passer, la gaine doit traverser). Une trémie mal placée ou mal dimensionnée est une erreur qui se retrouvera sur le chantier. (2) Le ferraillage autour (pour le béton) : une ouverture dans une dalle ou un voile béton nécessite des renforts d'armature autour (chevêtres, aciers de renfort) — car percer affaiblit l'élément et concentre les efforts sur les bords. Ces renforts sont modélisés au niveau du ferraillage (niveau 3) ; certains composants d'ouverture les génèrent automatiquement. (3) La représentation sur les plans : l'ouverture doit apparaître correctement sur les plans (avec ses cotes) pour que le chantier la réalise — ce qui découle naturellement si elle est bien modélisée. (4) La coordination : les trémies sont souvent des points de coordination entre corps d'état (l'escaliériste, le plombier pour les gaines, l'ascensoriste) — leur position doit être coordonnée (le BIM aide à cela, section 5). Bonnes pratiques : (1) modélisez les ouvertures dès que vous connaissez leur position (ne les oubliez pas — une dalle « pleine » alors qu'il devrait y avoir une trémie est une erreur fréquente et gênante) ; (2) utilisez des composants d'ouverture quand ils existent (ils gèrent forme + renforts) ; (3) vérifiez les dimensions et positions réelles (une trémie d'escalier a des dimensions précises liées à l'escalier) ; (4) pensez aux renforts (béton) ; (5) vérifiez sur les vues et les plans que les ouvertures apparaissent correctement. Les ouvertures illustrent que Tekla modélise la structure RÉELLE dans tous ses détails : un plancher n'est pas une surface pleine idéalisée, il a ses trémies, ses réservations, ses percements — tous à modéliser pour que le modèle soit fidèle et que les plans et le ferraillage soient justes. C'est cette fidélité au réel qui fait la valeur d'un modèle Tekla, et négliger les ouvertures (comme tout détail réel) compromet cette fidélité.
Béton ou acier : le type de matériau change-t-il ma façon de modéliser ?
Oui, profondément — le matériau (béton ou acier) détermine non seulement les propriétés de l'élément mais toute la SUITE du traitement (détaillage, ferraillage, connexions, fabrication), et c'est l'une des grandes dualités de Tekla, qui gère les deux mondes. Voyons les différences. Pour l'ACIER : les éléments (poteaux, poutres, plaques) sont des profils ou tôles ; leur détaillage (niveau 2) porte sur les connexions (boulons, soudures, platines, goussets), la numérotation des pièces et assemblages, et la production de plans de fabrication et de fichiers CNC (NC/DSTV) pour les machines de découpe/perçage. La logique acier est « pièces découpées et assemblées » : chaque élément est fabriqué à partir d'un profil débité, percé, soudé. Pour le BÉTON : les éléments (dalles, voiles, poteaux, poutres béton, fondations) sont des volumes coulés ; leur détaillage (niveau 3) porte sur le ferraillage (les armatures : barres, cadres, treillis à l'intérieur du béton), et se subdivise en deux grandes familles : le béton coulé en place (coffré et coulé sur chantier — on produit des plans de coffrage et de ferraillage) et le béton préfabriqué (éléments produits en usine — panneaux, prédalles, poutres préfa — avec leurs plans de fabrication, inserts de levage, etc.). La logique béton est « volumes armés et coulés/préfabriqués », très différente de l'acier. Conséquences sur votre façon de travailler : (1) Le type de matériau oriente tout le détaillage : un élément acier appelle des connexions boulonnées/soudées et des plans de fab acier ; un élément béton appelle du ferraillage et des plans de coffrage/armatures. Vous ne « détaillez » pas de la même façon. (2) Les catalogues et composants diffèrent : profils et boulons pour l'acier ; classes de béton, catalogues d'armatures pour le béton ; les composants automatiques (niveau 2 pour l'acier, niveau 3 pour le béton) sont spécifiques. (3) Les plans et livrables diffèrent : plans de fabrication de pièces/assemblages acier vs plans de coffrage et de ferraillage béton (niveau 4). (4) Les métiers derrière diffèrent : la construction métallique et le béton armé/préfabriqué sont des filières distinctes, avec leurs pratiques. Tekla gère les deux — c'est sa force (un modèle mixte acier+béton est courant : une ossature acier sur des fondations béton, une structure mixte) — mais vous devez savoir dans quel « monde » vous êtes pour chaque élément. En pratique : (1) affectez le bon matériau dès la modélisation (il conditionne la suite) ; (2) organisez votre modèle en conséquence (souvent, on sépare visuellement l'acier et le béton par des classes/filtres) ; (3) apprenez les workflows spécifiques (le niveau 2 de ce guide traite l'acier, le niveau 3 le béton) ; (4) sur un projet mixte, gérez les INTERFACES entre acier et béton (comment une poutre acier s'appuie sur un voile béton, comment un poteau acier se fixe à une fondation béton — les platines d'ancrage, les inserts). Le message : le matériau n'est pas qu'une propriété, c'est un aiguillage vers tout un ensemble de pratiques de détaillage et de fabrication. Comprendre la dualité acier/béton de Tekla — et savoir naviguer entre les deux — est essentiel, surtout que beaucoup de projets réels combinent les deux. Ce guide vous fera parcourir les deux mondes ; sachez, pour chaque élément, duquel il relève, car cela détermine tout ce que vous en ferez ensuite.